> Stootie : l’échange de biens et services de proximité

 
 
 
Un robinet à installer ? Un baby-sitting de dernière minute ? Des cours de guitare pas chers ? Stootie est une application gratuite qui permet à ses membres d’échanger des services, des conseils ou des objets, en temps réel et de manière géolocalisée. Disponible sur iPhone et Android, Stootie symbolise l’émergence de la consommation collaborative en France, un phénomène au sein duquel l’entraide et la solidarité occupent une place de choix.
 
Stootie (incubée à Créanova) fait partie des premières applications européennes à faciliter la mise en relation entre offre et demande de façon géolocalisée, uniquement sur smartphone. « Stootie est une application qui essaie de transmettre en temps réel les besoins que l’on a aux personnes aux alentours qui pourraient les réaliser. Ce n’est pas réellement un système de petites annonces, c’est surtout un système qui essaie simplifier l’échange au maximum pour que vous trouviez le plus vite possible ce dont vous avez besoin », explique Jean-Jacques Arnal, fondateur de Stootie. Le fonctionnement est enfantin et il est possible de poster une mission en quelques secondes. En entrant dans l’application, le demandeur (celui qui cherche un objet, un service ou un conseil) choisit le type de catégorie dans laquelle poster son annonce, un titre explicite, un tarif éventuel (les services peuvent évidemment s’échanger gratuitement) et une deadline pour remplir la mission. Laquelle est ensuite postée sur l’application et géolocalisée, ce qui permet aux répondants de choisir les missions à remplir qui sont proches de chez eux. Via un chat public, les « Stooters » peuvent échanger librement au sujet de la mission, négocier la rémunération, demander des détails ou des informations complémentaires. Lorsque le demandeur a trouvé la personne qui réalisera sa mission, ils vont par la suite échanger en toute confidentialité via le chat privé qui sécurise les informations transmises. « Le chat est très apprécié, c’est la dimension sociale de Stootie, vous découvrez que la personne qui peut vous aider est sympa ».

D’autres fonctionnalités rendent cette application particulièrement pertinente : le système d’enchères intégré suit le principe de timeline, permettant aux offreurs d’intervenir au fur et à mesure des commentaires postés sur chaque mission. Pour les Stooters à la recherche d’une mission, un simple coup d’œil sur la carte leur ouvre un univers de nouvelles missions à proximité de chez eux. Le compte personnalisé des utilisateurs permet par ailleurs de valoriser les compétences de chacun. Les fondateurs de Stootie ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : à venir par exemple, un nouveau menu va permettre aux utilisateurs de découvrir une sélection de Stooters proposant leurs services autour d’eux.

 
Une alternative aux prestations professionnelles onéreuses
 
Concernant le paiement des missions payantes, Stootie n’a pas encore prévu un système de paiement intégré, même si le principe n’est à terme pas exclu. Les Stooters s’échangent donc de la monnaie sonnante et trébuchante. Si les missions les plus recherchées sont payantes, un grand nombre d’entre elles concernent des conseils et bons plans, sur les restaurants ou bars de proximité. « Beaucoup de demandes sont libellées sans rémunération et sont de facto non rémunérées ».
Dans le top 10 des missions les plus demandées figurent beaucoup de dépannage en mécanique et du bricolage : « Stootie est perçu comme une sorte de système D pour trouver dans les milieux urbains une alternative aux prestations professionnelles souvent très chères ». Beaucoup y voient une alternative plus ergonomique et pertinente au site Le Bon Coin, en s’échangeant des pièces d’occasion, des meubles, des pièces mécaniques… Sans oublier les échanges de services, au premier titre desquels des demandes de cours en tous genres, du baby-sitting et… des demandes de gros bras pour des déménagements. La politique de modération maison permet de mettre de côté les annonces fantaisistes, comme les demandes d’emploi ou de rencontres amoureuses. Ce qui n’exclut pas les missions d’un genre très spécial, comme les missions précédant la redoutée apocalypse de décembre.
 
 
37 000 utilisateurs en France et en Europe
 
Officiellement ouverte au téléchargement en juin dernier – après une beta lancée décembre 2011 -, Stootie regroupe déjà 37 000 utilisateurs à travers la France : même si la majorité sont franciliens, Stootie se fait aussi sa place au soleil à Toulouse, Caen, Lille et même en Belgique et au Luxembourg. La demande existe et en Europe aucun concurrent sérieux ne vient aujourd’hui faire d’ombre à la start-up française sur ce terrain totalement émergent. « Nous sommes souvent comparés à Task Rabbit et à Zaarly aux Etats-Unis mais TaskRabbit est une conciergerie et Zaarly n’a pas la dimension pair à pair et sociale de Stootie ni son but de transmettre immédiatement la demande vers l’offre qualifiée ».

Aujourd’hui, le business model de Stootie est projectif, les fondateurs attendant la prise en main de l’application par les utilisateurs avant de choisir des axes de monétisation. Stootie pourrait valoriser des offres de professionnels qui devraient payer pour mettre en avant leur statut sur le réseau social. « Pour l’instant, nous sommes avant tout sur la demande, l’idée c’est d’optimiser la mise en relation offre/demande en permettant à chacun de facilement indiquer ses compétences c’est-à-dire son offre de services », conclut Jean-Jacques Arnal, dont la start-up vient de réaliser une importante levée de fonds, mentionnée par le site Consommation Collaborative.
 
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