> Hôtels Privés : un coup de pied dans la fourmilière des intermédiaires hôteliers en ligne

 
 
 
Supprimer la commission d’intermédiaire ? Voilà une idée qui pourrait avoir de l’écho dans un secteur hôtelier dominé par quelques mastodontes en ligne, qui ne lésinent pas sur les moyens pour contraindre les hôteliers à se référencer sur leurs plateformes. D’autant plus suite la plainte déposée par Arnaud Montebourg en mai contre booking.com, dénonçant la clause de tarif paritaire, interdisant aux hôteliers indépendants de proposer ailleurs une offre moins chère que sur la plateforme.
 
Hôtels Privés, une jeune start-up issue des rangs du Welcome City Lab, se positionne sur ce secteur de l’intermédiation hôtelière avec une idée originale : mettre en relation les internautes et les hôteliers en direct et sans commission. Utopique ? Avec un business model original et une vraie transparence affichée, Hôtels Privés souhaite remodeler ce business particulièrement attaqué ces derniers temps.
 
Lutter contre l’hémorragie hôtelière
 
Tout commence par une prise de conscience : « les intermédiaires comme Expédia et Booking prennent entre 15 à 25 % de commission, explique Julien Laz, le fondateur de la start-up. Il y a quelques années, ce système était vertueux car il apportait du business supplémentaire pour les hôtels et aujourd’hui, c’est devenu une machine à remplissage d’hôtels ». Le leader Booking dépenserait quelques millions d’euros par jour pour l’achat de mots-clés à Google et revendre ce positionnement aux hôtels. « Aujourd’hui, ils remplissent 40 % des chambres et prennent 20 % de commission ! », affirme Julien Laz. Résultat ? Des hôteliers acculés et deux hôtels qui mettent la clé sous la porte en France chaque jour.
 
« Notre idée dans ce secteur morose et sans innovation est de redonner du pouvoir d’achat aux internautes. Hôtels Privés est une plateforme alternative qui entre sur le marché en attaquant cette commission intermédiaire ». Hôtels Privés se présente sous la forme d’un portail d’offres spéciales en direct des hôteliers. En pratique, le service est accessible en « self-service » : l’hôtelier s’inscrit via un extranet, entre le descriptif de son hôtel et la promotion qu’il souhaite accorder - par exemple 20 % sur les chambres pendant un mois. L’offre est mise en ligne sous 24h sur le site. A leur tour, les internautes font leur recherche gratuitement en fonction de leurs propres critères et doivent contacter directement leur futur hôte pour réserver. « Nous distribuons les codes promos aux internautes, qu’ils utilisent au moment de la réservation, cela leur fait un discount par rapport au prix public de 10 à 25 % ».
 
Au final, Hôtels Privés est le premier intermédiaire gratuit dans le secteur puisqu’il ne prend absolument aucune marge. « Nous essayons de nous mettre dans le camp de l’hôtelier, en lui allégeant sa facture et ses commissions ». Aucune pression sur l’hôtelier qui choisit lui même ses conditions et les offres qu’il souhaite diffuser.
 
Aucun coût pour l’hôtelier et l’internaute grâce à un modèle original
 
Comment Hôtels Privés compte se rémunérer ? Très simplement via un modèle freemium en proposant des options de mise en avant (photos supplémentaires et à et visibilité accrue sur le site) et de réservations (ventes flash, dernière minute…). « Soit une commission de 2 à 3 % dans la chaîne de valeur que l’on commercialise uniquement sous la forme d’offres freemium ». La baseline d’Hôtels Privés « L’hôtel que je veux mais en mieux ! », parle d’elle-même.
 
Le site lancé il y a à peine trois mois, comptabilise déjà 400 hôtels, dont 80 % en France, avec un objectif de passer à 60 % d’étrangers. Côté grand public, « nous sommes entre 15 et 20 % moins chers donc les internautes viennent naturellement ». Mais Hôtels Privés est clairement sur un marché de volume et espère grimper à 3 000 ou 4 000 hôtels d’ici la fin de l’année avec un trafic de 500 000 visiteurs ciblés pour parvenir une rentabilité confortable. En discussion avec des chaînes hôtelières, l’entrepreneur est confiant, le taux de conversion des hôteliers étant déjà très bon. « Une fois que les hôteliers ont compris notre offre, ils s’inscrivent. Mais notre plus grand ennemi c’est notre modèle économique, ils ont du mal à croire que notre offre soit complètement gratuite ». La plateforme affiche en effet des prix réels, non trafiqués comme peuvent le faire certains sites de ventes privées et autres intermédiaires aux commissions mirobolantes.
 
Julien Laz, déjà fondateur de Cityzeum, portail de voyage non marchand, a su se placer sur un créneau porteur mais ultra concurrentiel avec un modèle innovant. Ses concurrents ? Hoteliers.com, un portail hollandais qui se rémunère via des abonnements auprès des hôteliers et Faibooking, une association française d’hôteliers, avec une cotisation annuelle et une commission mineure sur les chambres : « nous sommes donc moins chers qu’une association ! », conclut Julien Laz.
 
 
Hôtels Privés en bref :
Incubateur : Welcome City Lab
Création : janvier 2014
Fondateur : Julien Laz
Levée de fonds : en cours (objectif 500 000 euros)