> Studyka, la plateforme de crowdsourcing étudiant dénicheuse de talents

 
 

Depuis près de trois ans, Studyka propose un outil innovant de recrutement qui met en relation étudiants et entreprises via une plateforme de challenges Le but ? Dénicher les meilleurs talents. En toute logique, la jeune entreprise déploie aujourd’hui des plateformes adaptées à des publics différents, comme Agorize, dédiée aux entreprises et à leur écosystème.
 
Rebondir sur ses expériences les plus probantes. Issus d’une école de commerce et d’une école d’ingénieurs, les trois futurs fondateurs de Studyka (Technologies Numériques) se rencontrent en dernière année de leurs études au sein du master commun TélécomParisTech-HEC. Et travaillent sur des projets communs : « nous nous sommes rendu compte qu’il était très enrichissant de pouvoir s’associer avec des profils complémentaires, que nous étions plus performants et que nous allions plus au bout des choses », glisse Charles Thou, le commercial du trio. Les idées ne manquent pas pour grimper dans la machine entrepreneuriale mais « nous cherchions un projet sur lequel nous pourrions nous sentir légitime. Il semblait y avoir un intérêt pour répliquer cette expérience d’étudiants sur Internet et permettre à des étudiants de formations différentes de pouvoir s’associer ».
 
L’idée : pouvoir mettre en relation des designers, des géographes, des architectes, des sociologues, des historiens de l’art… bref ouvrir à toutes les formations et tous les profils, en France comme à l’international, la flambante neuve plateforme de Studyka. Un modèle aussi simple qu’intelligent : donner aux étudiants la possibilité d’apporter des recommandations dans le cadre de projets portés par les entreprises clientes de Studyka, qui fournit la plateforme et le conseil.
 
Gagnez du temps et découvrez vos talents !
 
Chaque challenge a son interface dédiée. « Lorsqu’un étudiant souhaite participer, il se retrouve sur l’interface de constitution des équipes et s’associe avec des étudiants ayant des compétences complémentaires à la sienne ». Le capitaine créé l’équipe, décrit le projet pour motiver les bonnes volontés à le rejoindre, accepte ou refuse les candidats. Les personnes qui le rejoignent peuvent également proposer de nouveaux participants. Certains camarades de classe se retrouvent par ce biais et répondent à des challenges ensemble mais une grande partie forme des équipes avec au moins une personne qu’ils ne connaissaient pas avant. Puis les équipes entrent en compétition les unes avec les autres.
Une fois le challenge lancé, c’est l’entreprise qui suit via son tableau de bord statistique la typologie des participants, gère l’interface pour accompagner les équipes et pousser les infos, monte des jurys et éventuellement ouvre les votes à tous les collaborateurs en interne pour créer de l’émulation… Bref, de l’open innovation orientée vers le monde étudiant.
 
Dans un premier temps, l’ensemble des participants doit rendre un premier livrable d’une à deux pages présentant le projet, « qui ne leur demande pas trop d’implication car il faut considérer qu’il s’agit d’une activité extra-scolaire ». Dans un second temps, vingt à trente équipes sont sélectionnées par l’entreprise et doivent creuser le projet et élaborer la présentation qu’ils feront devant la direction et dans les locaux de l’entreprise pour les 5 à 10 meilleures d’entre elles.
But ultime : se faire embaucher
 
Les projets ? Plutôt de la prospective. Une manière originale pour les entreprises d’ « out-sourcer » des idées. Et de dénicher des talents, voire de jauger les tendances des consommateurs de demain. « Nous nous assurons à minima que nos clients ont besoin de recruter et qu’ils sont dans la logique d’identifier des talents. Nous refusons des projets pour lesquels la logique est seulement de bénéficier des idées – sur lesquelles nous tendons d’ailleurs à privilégier d’ailleurs des licences en creative commons ». Bénéfice pour les étudiants : gagner des voyages, des lots, l’invitation dans l’entreprise et but ultime : se faire embaucher ou au pire améliorer sa e-réputation… et se faire repérer par des recruteurs potentiels. Même si ce ne sont pas nécessairement les gagnants du challenge qui sont recrutés, ils sont en moyenne deux ou trois à être recrutés en stage ou en première embauche. L’équipe de Studyka a de belles histoires à raconter sur le placement de ces étudiants, certaines rencontres virtuelles finissent même par des créations de start-ups réelles.
 
De Canal + à Google UK
 
De son côté, Studyka se rémunère simplement par la mise en place de challenges et un accompagnement des entreprises en fonction de ses besoins : le volume de recrutement qu’elle cherche, les messages qu’elle veut véhiculer, les écoles qu’elle veut cibler… Bouygues Construction, Canal +, TF1, Pages Jaunes ou le groupe Seb se partagent aujourd’hui l’affiche de la plateforme. Depuis le lancement, une trentaine de challenges ont été lancés en France et à l’étranger avec une vingtaine de groupes fidèles qui ont réitéré l’opération sur des thèmes différents. Un succès qui a traversé la Manche et bientôt l’Atlantique puisque la jeune pousse a lancé une opération avec Google UK en début d’année et est actuellement en pourparlers avec une entreprise américaine.
 
Les idées de développement de Studyka, comme l’idée de départ, arrivent un peu par hasard. Les clients étaient de plus en plus nombreux à demander une plateforme qu’ils pourraient utiliser en interne. L’équipe lève des fonds en décembre dernier auprès de Bouygues Télécom Initiatives et dévoile Agorize, la plateforme qui permet aux entreprises de générer et animer leurs propres challenges auprès de leurs collaborateurs, prestataires, clients, partenaires... pour « permettre aux entreprises d’impliquer leurs parties prenantes dans une logique plus poussée d’open innovation ». Mais l’outil ne fait pas tout et l’équipe restreinte de Studyka pousse aujourd’hui l’entreprise à se tourner vers des cabinets de conseil pour soutenir ses clients. « Nous essayons de transformer la concurrence en partenaires » : c'est aussi cela l'open innovation.
 
 
Studyka en bref
Date de création : mars 2011
Fondateurs : Charles Thou, Yohann Melamed, Yohan Attal
Effectif : 17 personnes 

Clients : TF1, Canal+, Bouygues, Pages Jaunes, Saint-Gobain, SEB, Cetelem, Allianz, Google UK, Bouygues construction, Renault, Crédit Agricole…
Levées de fonds : entrée au capital de Bouygues Télécom Initiatives
Récompenses : Prix BforBank de l'Entrepreneur
 
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